Votre copropriété est classée E ou F. Le syndic parle de ravalement depuis trois ans. Personne n’a chiffré le coût de l’inaction. Un audit énergétique de copropriété, ce n’est pas un document de plus à classer : c’est la seule base chiffrée qui permet à un conseil syndical de décider quels travaux prioriser, dans quel ordre et avec quelles aides. À Clermont-Ferrand, les situations sont très différentes entre un immeuble haussmannien du centre et une barre de béton des années 1970 à la Gauthière ou à Champratel.
- L’audit énergétique de copropriété est obligatoire pour les immeubles de plus de 50 lots à usage d’habitation depuis le 1er janvier 2012 et pour ceux entre 50 et 200 lots depuis le 1er janvier 2017.
- À Clermont-Ferrand, les copropriétés des années 1960-1980 concentrent les passoires thermiques : murs béton non isolés, ponts thermiques massifs, chauffage collectif au fioul souvent sous-dimensionné.
- Un audit de copropriété coûte entre 3 000 et 15 000 euros selon la taille de l’immeuble. Des aides existent via MaPrimeRénov’ Copropriétés pour réduire ce reste à charge.
- Le centre-ville (pierre de Volvic, immeubles haussmanniens) et la périphérie (béton, grands ensembles) n’ont pas les mêmes faiblesses ni les mêmes priorités de travaux.
- Un audit ne prédit pas le coût exact des travaux. Seul un maître d’oeuvre ou un artisan mandaté peut établir un devis.
Pourquoi un audit de copropriété n’est pas un DPE collectif ?
La confusion est fréquente. Le DPE collectif donne une classe énergétique à l’immeuble, de A à G. C’est une photo. L’audit énergétique de copropriété, lui, analyse les causes précises de la déperdition : quel mur perd le plus de chaleur, quel plancher bas est non isolé, quel système de ventilation est défaillant. Il produit un plan de travaux hiérarchisé, avec des estimations de gains énergétiques après chaque tranche de travaux.
Concrètement : un DPE collectif classe votre immeuble en E. L’audit de copropriété vous dit que 40 % des déperditions viennent des planchers bas non isolés, que le remplacement des fenêtres seul ne fera pas passer l’immeuble en C et que commencer par l’isolation des combles perdus est la séquence la plus rentable avant de toucher au système de chauffage. Ce niveau de détail, un DPE ne le produit pas.
Sur les audits de copropriété réalisés dans l’agglomération clermontoise, les planchers bas non isolés sont présents dans plus de 75 % des immeubles construits avant 1975. C’est systématique dans les constructions béton de Champratel ou des Vergnes. La pierre de Volvic des immeubles du centre pose d’autres problèmes : une inertie thermique forte mais des fenêtres à simple vitrage qui annulent cet avantage dès que les températures descendent sous 0°C, ce qui arrive régulièrement en hiver à Clermont.
Centre-ville et périphérie : deux bâtiments, deux diagnostics
Ce n’est pas une nuance de façade. Un immeuble du boulevard Trudaine ou de la rue du Port n’a pas les mêmes faiblesses qu’une copropriété des années 1970 à la Gauthière ou à Gerzat.
Au centre, les murs sont épais, souvent en pierre volcanique. La masse thermique est importante : le bâtiment met du temps à se refroidir. Mais les joints sont poreux, les caves non étanchéifiées et les menuiseries datent parfois d’avant 1990. L’audit révèle souvent que l’enveloppe n’est pas le problème principal : c’est le système de ventilation qui fait entrer l’air froid directement dans les cages d’escalier et dans les appartements. Résultat : des factures de chauffage élevées malgré une impression d’immeuble « solide ».
En périphérie, le diagnostic est différent. Les constructions béton des années 1965-1980 ont des ponts thermiques massifs, surtout au niveau des dalles intermédiaires et des refends. La laine de verre d’origine, quand elle existe, a tassé. Elle n’assure plus qu’une fraction de l’isolation prévue au départ. Dans ces immeubles, l’audit identifie généralement deux ou trois postes qui concentrent 70 % des pertes : les façades non isolées par l’extérieur, les planchers bas sur parking ou cave et les toitures-terrasses sans isolation suffisante.

Ce que la réglementation impose aujourd’hui
L’audit énergétique de copropriété est une obligation légale, pas un conseil de bon sens. Les textes ont été posés progressivement. Les immeubles de plus de 200 lots étaient concernés dès 2012. Ceux entre 50 et 200 lots depuis 2017. Et depuis le 1er janvier 2024, les copropriétés de moins de 50 lots soumises à l’obligation de DTG (diagnostic technique global) peuvent elles aussi être contraintes à un audit si leur DPE collectif révèle une classe E, F ou G.
Plus concrètement : si votre immeuble est classé F ou G, il entre dans la catégorie des passoires thermiques. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025 en métropole. Les F seront concernés à partir du 1er janvier 2028. Un copropriétaire qui loue son appartement dans un immeuble classé F à Clermont-Ferrand a donc une fenêtre de moins de deux ans pour anticiper. L’audit de copropriété est la première étape pour déclencher les travaux collectifs qui permettent de sortir de cette situation.
Pour aller plus loin sur les implications du classement F pour la vente ou la location, l’article sur la classe F à Clermont ou Riom détaille ce que le DPE seul ne révèle pas.
Les aides disponibles pour une copropriété à Clermont-Ferrand
Le coût d’un audit de copropriété varie entre 3 000 et 15 000 euros selon la taille de l’immeuble et la complexité du bâtiment. Pour une copropriété de 30 lots à Riom ou à Cournon, comptez entre 4 000 et 6 000 euros. Pour un immeuble de 80 lots à Clermont, la fourchette monte plutôt vers 8 000 à 12 000 euros.
MaPrimeRénov’ Copropriétés prend en charge une partie de ces coûts, sous conditions. En 2026, l’aide couvre jusqu’à 50 % du coût de l’audit pour les copropriétés fragiles, avec un plafond fixé par décret. Pour les travaux eux-mêmes, le dispositif MaPrimeRénov’ Copropriétés finance entre 30 et 45 % des travaux d’isolation et de rénovation des parties communes, selon le gain énergétique atteint. Le seuil minimal exigé est un gain de deux classes DPE. Passer de F à D, par exemple.
L’Anah (Agence nationale de l’habitat) gère ce dispositif. Les dossiers se montrent complexes : il faut un vote en assemblée générale, un mandataire de copropriété désigné et souvent un maître d’ouvrage délégué. Le rôle d’un opérateur MaPrimeRénov’ prend tout son sens ici pour structurer le dossier côté administratif et technique.

Comment se déroule un audit de copropriété en pratique ?
L’audit commence par une visite des parties communes : caves, local technique, toiture, cage d’escalier, façades. L’auditeur relève l’état de l’isolation existante, mesure les épaisseurs de laine de roche ou de polystyrène, note les ponts thermiques visibles, vérifie le système de ventilation collective et le mode de production de chaleur. Sur un immeuble de taille moyenne à Clermont, cette visite prend une journée complète.
Ensuite vient la phase de calcul. L’auditeur modélise les déperditions thermiques avec un logiciel réglementaire et simule plusieurs scénarios de travaux. Le rapport final présente au moins deux bouquets de travaux avec leurs impacts respectifs sur la consommation, le classement DPE et la facture de charges. Ce rapport est remis au syndic et présenté en assemblée générale.
Un point que nous disons systématiquement aux conseils syndicaux qui nous consultent : l’audit ne prédit pas le coût exact des travaux. Il donne des ordres de grandeur. Pour savoir ce que coûte réellement l’isolation des façades par l’extérieur avec un enduit minéral ou un bardage bois, il faut un appel d’offres auprès d’entreprises, avec plans et métrés. L’audit est la carte. Les devis d’artisans sont le budget.
La position qu’on assume : commencer par l’enveloppe, pas par la chaudière
Sur les immeubles des années 1970 à Clermont-Ferrand, on voit régulièrement des syndics proposer en assemblée générale le remplacement de la chaudière collective comme premier chantier. C’est une erreur et les chiffres le montrent. Remplacer une chaudière fioul par une pompe à chaleur collective dans un immeuble dont les murs perdent 60 kWh par mètre carré et par an, c’est dimensionner le système de chauffage sur un bâtiment passoire. Le nouveau équipement compense les pertes au lieu de les réduire. La facture baisse moins qu’annoncé, la déception suit.
Commencer par l’isolation des façades et des planchers bas réduit les besoins de chaleur. L’équipement de production peut alors être plus petit, donc moins cher et les économies réelles correspondent aux projections. C’est l’ordre que recommandent les auditeurs sérieux. Et c’est ce que montre un audit bien conduit, à condition de ne pas sauter l’étape.
Questions fréquentes sur l’audit de copropriété à Clermont-Ferrand
Un audit de copropriété est-il obligatoire pour notre immeuble ?
Si votre copropriété compte plus de 50 lots à usage d’habitation, oui. Les immeubles entre 50 et 200 lots sont soumis à l’obligation depuis 2017. En dessous de 50 lots, l’obligation dépend du classement DPE collectif : une copropriété classée E, F ou G peut être contrainte à réaliser un audit dans le cadre du DTG. Vérifiez auprès de votre syndic si un DTG a déjà été commandé.
Combien de temps prend la réalisation d’un audit de copropriété ?
Pour un immeuble de 20 à 50 lots, comptez entre 4 et 8 semaines du premier contact à la remise du rapport. La visite terrain prend une journée. Le reste du délai correspond à la modélisation, à la rédaction du rapport et aux échanges avec le mandataire syndical.
L’audit peut-il être voté en assemblée générale sans unanimité ?
Oui. La décision de commander un audit énergétique de copropriété se vote à la majorité simple de l’article 24 de la loi du 10 juillet 1965. Il n’est pas nécessaire que tous les copropriétaires soient d’accord. Une majorité de voix des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance suffit.
Les travaux votés après l’audit bénéficient-ils tous des aides MaPrimeRénov’ Copropriétés ?
Non. Les aides sont conditionnées à un gain énergétique minimal de deux classes DPE et à des travaux portant sur les parties communes. Des travaux uniquement esthétiques ou portant sur les parties privatives ne sont pas éligibles. L’auditeur identifie dans son rapport quels scénarios sont éligibles aux aides et lesquels ne le sont pas.
Est-ce que l’audit impacte la valeur des appartements de la copropriété ?
Pas directement. Mais les travaux qui en découlent, oui. Un appartement dans une copropriété ayant réalisé des travaux passant le bâtiment de F à C présente un DPE individuel nettement amélioré. Les logements bien classés se vendent plus vite et à un meilleur prix dans l’agglomération clermontoise. Des études de notaires publiées en 2025 chiffrent la décote d’un logement classé F à 10-15 % par rapport à un équivalent classé C dans la même commune.
Ce que ça change pour votre copropriété : l’étape suivante
Si votre immeuble n’a pas encore d’audit énergétique, la première action concrète est simple : vérifier si un DTG ou un DPE collectif a été réalisé. Si oui, regarder la classe obtenue. Si votre immeuble est en E, F ou G, l’audit de copropriété n’est plus optionnel sur le plan réglementaire et il devient urgent sur le plan économique avec la date butoir de 2028 pour les logements F.
Si votre immeuble est au centre de Clermont (secteurs Jaude, Montferrand, Gaillard) ou dans les premières couronnes (Cournon, Aubière, Beaumont), les configurations sont différentes mais le principe est le même : sans audit, le conseil syndical vote sur des intuitions, pas sur des données. Les audits énergétiques pour les travaux permettent précisément de construire un plan d’action réaliste, séquencé et financièrement cohérent.
Un dernier point : l’audit ne remplace pas le vote. Il éclaire le vote. Les copropriétaires décident toujours. L’auditeur fournit les chiffres pour que cette décision soit prise avec les yeux ouverts.

Passionné par la rénovation énergétique et les enjeux du bâtiment, Nicolas partage ici son expertise du quotidien du métier. Ses articles accompagnent propriétaires et professionnels dans leurs démarches, des aides disponibles aux obligations réglementaires.





