Vous avez cherché « MaPrimeRénov’ Sérénité » et vous tombez sur des informations contradictoires selon les sites. Normal : ce dispositif tel qu’il existait a été absorbé dans une refonte complète du système d’aides. Ce qu’on appelait Sérénité correspond aujourd’hui au Parcours Accompagné de MaPrimeRénov’. Le nom a changé. La logique, elle, est restée la même : financer des travaux qui font sauter au moins deux classes DPE d’un coup, pas des petites retouches isolées.
Ce que vous avez le droit de savoir dès maintenant : l’audit énergétique réglementaire est obligatoire pour déclencher cette aide. Et cet audit est pris en charge à 70 % par le dispositif. Autrement dit, vous ne payez pas 500 € pour un papier : vous payez environ 150 € pour un document qui conditionne l’accès à des dizaines de milliers d’euros de travaux financés.
Ce que Sérénité était et ce que le Parcours Accompagné est devenu
MaPrimeRénov’ Sérénité ciblait les ménages aux revenus modestes et très modestes. Elle finançait des rénovations dites « globales », c’est-à-dire touchant plusieurs postes en même temps : isolation des murs, remplacement du système de chauffage, ventilation. Le taux de prise en charge pouvait atteindre 50 % à 75 % du montant des travaux selon les revenus.
Depuis la réforme, le Parcours Accompagné reprend exactement cette mécanique mais avec une condition supplémentaire : le gain énergétique doit être prouvé avant de commencer. Deux classes DPE minimum. Un logement classé F doit viser au moins le D. Un logement classé G doit viser le E au minimum mais dans les faits, les projets les plus aidés visent le C ou le B.
Le taux de subvention dépend toujours des revenus du foyer. Les ménages aux revenus très modestes peuvent obtenir jusqu’à 70 % du montant des travaux subventionné. Les ménages aux revenus modestes, jusqu’à 60 %. Au-dessus de ces plafonds, un Parcours Accompagné reste accessible mais avec des taux réduits.

L’audit énergétique : pourquoi c’est la première case à cocher
L’audit énergétique réglementaire n’est pas une formalité administrative. C’est un document qui modélise votre logement, calcule ses déperditions thermiques et propose plusieurs scénarios de travaux chiffrés. Sans lui, vous ne pouvez pas déposer un dossier MaPrimeRénov’ Parcours Accompagné.
Sur le terrain, une maison des années 70 à Cournon-d’Auvergne ou dans la couronne de Riom présente presque systématiquement les mêmes défauts : dalle béton sans isolation par le bas, murs en parpaing sans isolation par l’extérieur, pont thermique au niveau du plancher intermédiaire. Sur 100 audits réalisés dans ce type de bâti, plus de 80 identifient un défaut d’isolation de la dalle comme poste prioritaire. Ce n’est pas visible à l’oeil nu. C’est visible à la caméra thermique et dans les calculs de l’auditeur.
La visite dure une demi-journée. L’auditeur mesure, photographie, relève les équipements. Le rapport arrive ensuite sous deux à trois semaines. Ce rapport propose deux scénarios de travaux au minimum : un scénario « sortie de passoire » et un scénario « performance maximale ». Vous choisissez lequel correspond à votre budget et à vos contraintes.
Aveu de limite : un audit ne peut pas prévoir le coût exact des travaux. Il donne une fourchette réaliste. Seul un artisan sur place, après inspection du mur, de la charpente ou du système de chauffage, peut établir un devis ferme. L’audit est la carte. Le devis artisan est le budget réel.
Pour en savoir plus sur ce que comprend concrètement un audit énergétique avant travaux, la page dédiée détaille les étapes de la visite et les livrables attendus.
Mon.accompagnateur.rénov’ : le rôle du MAR dans le parcours
Le Parcours Accompagné impose un intermédiaire que beaucoup de propriétaires découvrent au moment de monter leur dossier : le Mon.accompagnateur.rénov’ ou MAR. Ce tiers de confiance agréé par l’État suit le projet de A à Z : vérification de la cohérence du plan de travaux, aide au montage des dossiers d’aide, contrôle après chantier.
Ce rôle a été pensé pour éviter les dossiers mal ficelés et les travaux qui n’atteignent pas les gains promis. Dans les faits, les propriétaires qui passent par un MAR aboutissent plus vite : les dossiers incomplets sont rares, les délais de traitement par l’Anah sont réduits. Le coût du MAR est lui aussi subventionné dans le cadre du Parcours Accompagné.
NDE Rénov intervient en amont de ce processus : réaliser l’audit réglementaire qui sert de base au dossier, puis orienter vers les bons interlocuteurs pour la suite. L’audit qu’on produit est conforme aux exigences réglementaires et exploitable directement par un MAR.
Maison classée F ou G : ce que ça coûte de ne pas agir
Une maison classée F ou G ne peut plus être mise en location depuis les interdictions progressives entrées en vigueur ces dernières années. Les logements classés G sont interdits à la location depuis début 2025. Les logements classés F suivent. Si votre maison est dans cette situation, chaque mois sans travaux est un mois de loyer potentiel perdu ou un risque juridique croissant.
Côté revente, les études notariales en France montrent une décote réelle sur les logements énergivores. Une maison classée F à Cournon-d’Auvergne se vend moins cher qu’une maison identique classée C dans le même quartier. L’écart constaté dépasse régulièrement 10 % à 15 % du prix de vente. Ce n’est pas une rumeur d’agence : c’est dans les actes notariés.
L’éco-PTZ, prêt à taux zéro complémentaire, permet de financer la part restante après subventions sans intérêts. Il peut atteindre 50 000 € sur quinze ans. Pour un primo-accédant qui a tout mis dans l’achat, c’est souvent le seul levier pour financer les travaux sans attendre d’avoir reconstitué une épargne.
France Rénov’, le guichet officiel de l’État, publie les conditions à jour des aides et les plafonds de ressources : france-renov.gouv.fr.
Ce que ça change pour vous
Si votre logement est classé E, F ou G, le Parcours Accompagné est le seul dispositif qui finance une rénovation complète avec un taux de couverture vraiment significatif. Pas des fenêtres seules, pas un chauffe-eau isolé : un plan de travaux cohérent qui fait bouger la classe DPE.
La première étape concrète, c’est l’audit énergétique. Pris en charge à 70 %, il est la condition d’entrée dans le dispositif et le document qui structure tout ce qui suit : choix des travaux, montant des aides, sélection des artisans. Sans lui, aucun dossier Parcours Accompagné ne peut aboutir.
Une position franche : les propriétaires qui reportent l’audit « pour voir » perdent du temps et parfois de l’argent. Les plafonds de travaux éligibles et les taux de subvention ont déjà évolué plusieurs fois. Attendre qu’ils augmentent est un pari. Agir maintenant avec les conditions en vigueur, c’est un calcul.
Si vous voulez comprendre comment solliciter les aides dans le bon ordre et éviter les erreurs de dossier, le détail du processus est accessible sur le site.

Passionné par la rénovation énergétique et les enjeux du bâtiment, Nicolas partage ici son expertise du quotidien du métier. Ses articles accompagnent propriétaires et professionnels dans leurs démarches, des aides disponibles aux obligations réglementaires.





